Je ne suis plus tout seul pour louer mes garages

Quand j’écris ces lignes, je rentre tout juste de weekend sur la côte atlantique. Une semaine normale commence. Cet après-midi, je fais de l’administratif, c’est à dire des tâches non productives, qui n’apportent peu ou pas de valeur.

En l’occurrence, je dois me déplacer à la banque pour encaisser des chèques de locataires. A 80 %, je suis payé par virement automatique mais certaines personnes, souvent âgées, préfèrent me payer par chèque. Je leur impose alors un paiement au trimestre.

Cet après-midi, ce sont des chèques de locataires en retard que je vais encaisser. En plus de cela, je vais pointer les loyers des 77 garages dont j’ai la gestion en direct. C’est une petite heure de boulot, avec les relances pour retard et un peu plus si j’ai des courriers à rédiger.

Qui m’accompagne dans cette gestion ?

Depuis presque un mois, je ne suis plus tout seul pour aller à la banque ou ailleurs. Je suis accompagné d’un petit chien, futur guide d’aveugle. Elle s’appelle Nérée et va sur ses trois mois.

Pour l’instant, elle m’accompagne lors des trajets simples : la banque, la boulangerie, la poste et bien sûr, les courtes balades. Son apprentissage est progressif et je vais très bientôt l’emmener avec moi pour louer mes garages ou mes appartements.

Ma femme et moi accueillons ce chien dans le cadre de l’association des chiens guides d’aveugles de l’ouest. Leur objectif est d’apporter de l’autonomie dans la vie des personnes malvoyantes en leur remettant des cannes électroniques et des chiens guides.

Notre projet est né en septembre 2016 lors des portes ouvertes de l’association. Je garde un souvenir émouvant de la remise d’un chien guide à une personne malvoyante. En 2007, je travaillais pour une société de service à la personne. Une salariée intervenait au domicile d’une personne malvoyante et j’ai vu l’impact de l’arrivée de ce chien dans sa vie.

L’aspect associatif et la cause nous ont attiré. Je m’estime très heureux et gâté par la vie, alors j’essaie de partager tout cela avec les autres. Par exemple, je donne mon sang tous les mois (enfin mon plasma et mes plaquettes pour les connaisseurs).

Dans ce projet, il y a la cause, mais aussi le côté sympa d’avoir un chien. Nos parents ont des chiens et nous avons grandi tous les deux entourés de ces animaux de compagnie.

Avoir ce chien me permet de rencontrer beaucoup de gens. Rien de tel qu’un bébé chien pour discuter avec mes nouveaux voisins et les gens dans la rue. Nous allons aussi rencontrer d’autres familles d’accueil au cours de l’éducation du chien.

Apprendre à éduquer un chien m’intéresse aussi. C’est passionnant de lire les réactions du chien, de comprendre son fonctionnement et de découvrir les techniques pour lui apprendre à s’asseoir (acquis), se coucher (en cours) ou rapporter la balle (presque acquis).

C’est aussi un moyen pour moi de couper ma journée de travail et de sortir prendre l’air. C’est plus sympa de me balader avec Nérée dans le parc que tout seul. Le temps d’éducation et de travail avec le chien est important. On parle ici de plusieurs heures par semaine.

Comment éduquer un futur chien guide d’aveugle ?

Pour être famille d’accueil, il faut avoir du temps. Le chien ne doit pas rester plus de deux ou trois heures tout seul. Parmi les familles d’accueil que j’ai pu rencontrer, il y a des personnes retraitées, mais aussi des actifs. Certains travaillent à domicile comme moi et d’autres emmènent le chien au bureau.

Je dois être disponible pour le suivi du chien. Un éducateur vient toutes les semaines à la maison pour voir les progrès et l’évolution du chien (et de son maitre). Pendant deux heures, nous faisons le point sur ce qui s’est passé la semaine passée. Il répond à mes questions.

Nous partons ensuite tous les trois en balade. Cela permet à l’éducateur de m’expliquer sur le terrain les comportements attendus et observés du chien. Nérée a une sensibilité importante, elle est émotive.

Elle adorent aussi les odeurs et peut passer une minute le nez à terre pendant qu’on marche. Pour corriger ce comportement inadéquat, son éducateur m’a donc demandé de lui donner une croquette dès qu’elle me regarde.

Jusqu’à son premier anniversaire, elle reste avec nous à plein temps. Si nous avons des contraintes particulières, une famille relais peut s’occuper du chien quelques jours. Lorsqu’elle aura un an, elle rentrera en éducation. La semaine, elle sera à l’école avec des éducateurs spécialisés. Le weekend, elle reviendra chez nous.

Les premières locations de garages de Nérée

Vendredi, je l’emmène avec moi pour faire l’état des lieux d’un T2 dans mon immeuble. Je teste la location à un étudiant qui rentre en BTS. J’espère qu’il restera les deux années à venir.

Le weekend prochain, il est très probable que je me déplace en Normandie pour mon lot de 50 garages. Plusieurs locataires sont partis depuis le printemps. J’ai reloué trois garages en juillet mais plus d’appels depuis.

J’ai eu pas moins de trois appels ce weekend. Comme je n’avais pas mon téléphone sur moi, je dois les rappeler cet après-midi. Je compte bien louer deux garages, voire trois. Avant de rappeler ces potentiels locataires, je vais faire le point sur les garages vides, car je ne suis pas sûr d’en avoir pour tout le monde. Chaque année, je note une reprise des locations entre la fin août et début septembre.

L’an dernier, j’étais en Inde pour un mariage pendant cette période et je l’avais regretté. Cette année, je compte bien satisfaire la demande pour être plein cet hiver. Nérée m’accompagnera pour signer les contrats de location. Il y a un peu de terrain et peu de passage de voiture. Elle sera à son aise dans cette situation.

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Je te souhaite une bonne rentrée et de trouver les meilleurs locataires 🙂

As-tu une question sur l’association ou le chien ?

5 Comments

  • Nicolas Daudin

    Reply Reply 28 août 2017

    Hahaha je m’attendais pas du tout à ça 🙂 Trop mignon… j’avais envisagé pour ma part avec ma copine (j’habite sur Madrid) d’être maison d’accueil pour les futurs chiens policiers, mais il y avait trp de contraintes pratiques, comme par exemple emmener le chien une fois par semaine à l’autre bout de Madrid à son camp d’entraînement policier. Et comme on a pas de voiture….
    En tout cas c’est très intéressant. Merci du partage!
    Nicolas.

    • Julien

      Reply Reply 31 août 2017

      Bonjour Nicolas,

      c’est beaucoup de temps. Rien que cette semaine, c’est une journée complète plus les heures de balade, de jeu etc…

      Mais quelle satisfaction de la voir grandir, de l’éduquer pour qu’elle prenne soin de quelqu’un dans le besoin. C’est un impact très fort pour plusieurs personnes.

  • Lydia

    Reply Reply 28 août 2017

    C’est super ce que tu fais ! Elle est toute mignonne !
    Je connais ce genre d’association et je pourrais le faire aussi, car je travaille à mon compte de chez moi, mais ce sont plutôt mes émotions qui ne me le permettrait pas. Notre chienne que l’on a aujourd’hui, on s’y est attaché au bout d’une semaine alors qu’à la base on ne devait pas la garder, alors qu’on nous « retire » l’animal au bout d’un an…je pourrais pas. Par contre, je donne mon sang également, là, il n’y a aucune larme qui coulera 🙂

    • Julien

      Reply Reply 31 août 2017

      Bonjour,

      je prends ce risque de séparation. Je ne sais pas comment je vais réagir lors de la remise du chien.

      Pour son éducation, elle sera amené à vivre à l’école pendant la semaine. J’imagine que cela créera un certain détachement entre nous de la voir uniquement les weekends.

  • Olivier

    Reply Reply 28 août 2017

    Félicitations pour cet engagement qui permet de joindre l’utile à l’agréable et qui changera la vie d’une personne dans quelques mois.

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